dimanche 15 novembre 2009

Les femmes turques : désespérément conservatrices

Selon une étude réalisée en 2008 par l’institut de recherche en démographie et santé, 80 % des femmes interrogées estiment que les femmes doivent être vierges avant le mariage.

  • 69,4 % pensent que la femme doit demander la permission à son mari avant de se rendre quelque part
  • 41 % soutiennent que si la femme ne partage pas le point de vue de son mari, elle ne doit pas polémiquer
  • 12, 3 % déclarent que l’éducation est plus importante pour les garçons que pour les filles
  • 15.3 % prétendent que les hommes sont plus intelligents que les femmes
  • 17,2 avancent qu’il revient à l’homme de prendre les décisions importantes

C’est surprenant non ? Ces femmes ne sont pas seulement conservatrices, elles sont aussi rétrogrades. Ce qui est sûr, c’est qu’un gouvernement conservateur issu de la mouvance islamiste à la tête du pays ne va pas arranger les choses.

Source : Vatan

samedi 14 novembre 2009

Vous en pensez quoi ?


vendredi 13 novembre 2009

FaNFaraÏ & OrCHESTrE KaraGÖZ

Fête de clôture du Festival Villes des Musiques du Monde
Salon de musique et buffet alla turka
Dimanche 15 novembre à 13h00

Dans le cadre de la Saison de Turquie

CAFETURC présente
FaNFaraÏ & OrCHESTrE KaraGÖZ
Fanfare raï et musiques festives de Turquie

Avec l’ensemble orchestral festif de la Mer Egée on plonge dans la belle nuit d’Ayvalik

La 10ème édition du Festival accueillera la création musicale de Fanfaraï (Paris) et de l’Orchestre Karagöz d’Ayvalik, fruit de trois années de coopération avec le Centre Karagöz de Musique de Turquie, situé à Ayvalik, ville classée historique dans la région d’Izmir. Ce projet de création est né d’une rencontre improvisée, en 2008, lors d’une jam session du festival Villes des Musiques du Monde, entre les musiciens de Fanfaraï et les musiciens turcs de l’Orchestre Karagöz à Bobigny.

Une rencontre musicale alchimique, qui s’est poursuivie cet été sur les bords de la mer Egée pour quelques jours d’échanges créatifs autour des standards du Maghreb et du répertoire traditionnel de Turquie. Clarinette, violon, saxophone, derbouka ou bendir se répondent avec virtuosité, laissant une large place à l’improvisation et à la poésie.

En partenariat avec la fondation Anna Lindh, la Spedidam, et le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis - Avec le soutien de la Saison de la Turquie en France.

www.cafeturc.com

prix : 15 € : buffet + concert / 10€ : concert

Espace Fraternité (magic mirror)
10-12 rue de la Gare, Aubervilliers , métro 12 : Porte de la Chapelle puis Bus 65 : Parc du millénaire , Réservation : 01 48 36 34 02
+ FNAC, TICKETNE

Eric Besson, bientôt à Matignon ?


Devoir de réserve pour les cons


Eric Raoult, député UMP et maire de Raincy, a tellement fait travailler ses méninges qu’il a eu une idée que personne n’avait jamais osé exprimer avant lui. Il a inventé un devoir de réserve pour les lauréats du prix Goncourt. Vous avez bien lu, un devoir de réserve pour les écrivains. En France tout devient possible.

Qu’est-ce qui est à l’origine de cette idée tellement progressiste ? Une interview de Marie Ndiaye, lauréate du Prix Goncourt 2009, dans laquelle elle a osé dire «cette France [de Sarkozy] est monstrueuse» et d’ajouter «Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux». Bon, c’est vrai qu’elle ne fait pas dans la dentelle mais on est dans le pays de la liberté d’expression non ?

Et bien non ! D’après Eric Raoult, le lauréat du Prix Goncourt «se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays». Tout le monde a eu beau lui expliquer que dans une démocratie digne de ce nom un écrivain ne pouvait être soumis à un quelconque devoir de réserve, le député maire a fait la sourde oreille : "Je vais écrire au ministre de la culture pour qu’il engueule cette écrivaine. Elle se croit où elle ? C’est la France ici !". Le ministre de la culture a botté en touche puisqu'il s'est révélé incapable de dire "En France, les écrivains n'ont jamais été soumis à un devoir de réserve".

On attend avec impatience que la commission européenne dénonce avec vigueur la version française de l'ancien article 301 du code pénal turc.

jeudi 12 novembre 2009

Niqab : une instrumentalisation politique peut en cacher une autre




Je suis très d'accord avec Vincent Geisser.

Est-ce qu'on peut banaliser, légitimer le port du niqab au nom de la liberté individuelle ?

Les gens comme moi sont coincés et ne savent pas quel camp rallier. D'un côté, il y a les anti-niqab déclarés qui sont souvent islamophobes. De l'autre les pro-niqab qui sont salafistes, intégristes, islamistes. Et au centre les droitdel'hommistes ou libertariens tendance jem'enfoutiste (circulez, y a rien à voir).

Moi je suis "ni ni" : contre la burqa, contre le nikab et même contre le voile mais aussi contre leur interdiction.

Tous les Français sont-ils égaux ?


mardi 10 novembre 2009

Atatürkiye

Sarko, le libérateur à l'imagination débordante

Source image : Blog Sarkozix


Depuis deux jours, Nicolas Sarkozy est devenu la risée des internautes. Pourquoi ? Parce que le Président a annoncé sur son profil Facebook qu’il avait participé, le 9 novembre 1989, avec son «pote» Alain Juppé, à la chute du mur de Berlin. Participation qui se résume à quelques coups de pioche. Même qu’une photo en atteste.

Malheureusement pour le Président, personne ne croit à cette histoire.

Alain Juppé, l’ancien PM dont la mémoire vacille cafouille : «Oui, j’étais à Berlin le 9 ou quelques jours plus tard». «Heu chais plus !! Mais quelle importance ? De toute façon, les personnes qui m’accompagnaient sont formelles : c’était le 9 novembre. Nan !». L'actuel PM François Fillon vient à sa rescousse : "Ouais j'y étais moi aussi. Et même que j'ai croisé Alain Juppé et Nicolas Sarkozy à Check Point Charlie. C'était bien le 9 novembre 1989".

Le Figaro rétablit la vérité : Alain Juppé s’est bien rendu à Berlin en compagnie de Nicolas Sarkozy mais le 16 novembre et non le 9. Mais l’Elysée n’est pas satisfait par cette version «Oui Nicolas Sarkozy était à Berlin le 16 novembre mais aussi le 9. En catimini !...» : «Alalala si je vous le dis, il faut me croire. Est-ce que je vous ai déjà menti ?». Heuu mon Président !….

Evidemment tout ceci n’est pas très important. Mais quand même ! Pourquoi tous ces mensonges ? Le point positif est que ça fait marrer les blogueurs qui s’amusent comme des fous : «A-t-il aussi marché sur la lune en 1968 ?», «A-t-il participé à la prise de la Bastille en 1789 ?», "A-t-il risqué sa vie sur la place Tienanmen en 1989 ?" etc… etc… se demandent-ils.



71ème anniversaire de la mort d'Atatürk

Comme chaque année, la Turquie commémore, le 10 novembre, l’anniversaire de la mort d’Atatürk.

"La mort d’Atatürk, qui a sauvé la Turquie, a assumé le leadership du peuple Turc et l’a rétabli, est une perte douloureuse inattendue, aussi bien pour le peuple Turc que pour l’Europe. Les larmes versées sur son cercueil par les hommes et les femmes de toutes les classes de la communauté témoignent du signe de reconnaissance pour le héros et le père de la Turquie moderne".
Sir Winston Churchill (Président par interim de la Grande-Bretagne)













Source : Radikal

dimanche 8 novembre 2009

Les Européens : trop racistes pour accepter la Turquie dans l'UE

Noam Chomsky sans langue de bois.
Source : The Seoul Times

"Chomsky said that Turkey could become a "significant independent actor" in the region, if it chooses to. "Turkey has to make some internal decisions: is it going to face west and try to get accepted by the European Union or is it going to face reality and recognise that Europeans are so racist that they are never going to allow it in?," said Chomsky.


The Europeans "keep raising the barrier on Turkish entry to the EU," he explained. But Chomsky said Turkey did become an independent actor in March 2003 when it followed its public opinion and did not take part in the US-led invasion of Iraq. Turkey took notice of the wishes of the overwhelming majority of its population, which opposed the invasion. But 'New Europe' was led by Berlusconi of Italy and Aznar of Spain, who rejected the views of their populations - which strongly objected to the Iraq war - and preferred to follow Bush, noted Chomsky.


So, in that sense Turkey was more democratic than states that took part in the war, which in turn infuriated the US. Today, Chomsky added, Turkey is also acting independently by refusing to take part in the US-Israeli military exercises."

samedi 7 novembre 2009

Profil génétique de l'Anatolie

Selon une étude réalisée en 2004 par l’université de Stanford aux EU, l’Anatolie serait la région la plus diversifiée au monde du point de vue de la structure génétique de ses habitants.

Un petit aperçu :

  • Gène J (Afrique du Nord, Moyen-Orient et les Balkans): 33,8
  • Gène R (Europe): 24 %
  • Gène E (l'Afrique et l'Europe du Sud): 11,4 %
  • Gène G (l'Iran et le Caucase): 11 %
  • Gène J (Nord et Est de l'Europe): 5,2 %
  • Gène L (Inde): 4,2 %
  • Gène N (Sibérie et Finlande): 3,9 %
  • Gènes C, Q et O (Asie centrale): 3,4 %
  • Gène K (Pakistan): 2,5 %
  • Gène U (Afrique): 1%

Une autre étude réalisée en mai 2009 par la société suisse IGenea , sur les peuples vivant en Europe, montre que les originaires de Turquie sont les européens les plus métissés. Selon cette étude, les Turcs de Turquie sont porteurs des gènes appartenant aux groupes ethniques suivants : Turc, Berbère, Grec, Allemand, Slave, Arabe, Juif, Balkans.

Source : Excavating Y-chromosome haplotype strata in Anatolia et Vatan

Burqa : Audition de Jean Baubérot

M. Jean Baubérot, titulaire de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’École pratique des hautes études.

Je vous remercie de m’avoir invité à m’exprimer devant vous. Historien et sociologue de la laïcité, j’ai fondé la première – et à ce jour unique – chaire d’enseignement supérieur exclusivement consacrée à ce sujet. Cela me conduit notamment à étudier les relations entre politique et religion, les représentations sociales et leurs significations symboliques, dans une perspective à la fois historique et sociologique. L’histoire n’étant pas seulement l’étude du passé, mais aussi de l’historicité de nos sociétés, des traces de l’histoire dans le présent et des changements qui s’opèrent dans le temps, elle se préoccupe aussi du devenir des sociétés.

Mon propos est de livrer une position citoyenne fondée sur un savoir universitaire ce que je ne pourrai, hélas, faire que de façon allusive dans le temps dont je dispose.

Votre commission travaille sur un sujet qui met en jeu de nombreux éléments. Le savoir disponible sur le voile intégral montre que celles qui le choisissent le relient à une contestation, à une prise de distance maximale, voire à un refus de la société. Une société qui refuserait d’être critiquée ne serait plus démocratique. Pour autant, le port de ce voile intégral n’est certainement pas une bonne manière de mener une mise en question.

Partons d’un constat avant de porter un jugement de valeur. Le port du voile intégral provient de plusieurs raisons, conjointes ou non. Il peut signifier, explicitement ou implicitement, que la société est ressentie comme une menace dont il faut se protéger au maximum. Il peut être une façon d’affirmer, avec une visibilité hypertrophiée, une identité radicale, face à ce qui est perçu comme une uniformisation sociale, un primat de la logique de l’équivalence sur les valeurs morales et religieuses. Il peut manifester une volonté de retour aux origines, liée à une lecture littéraliste des textes sacrés, ou une volonté de séparer le « pur » – les vrais croyants – de l’« impur » – le reste de la société. Il peut être une manière de retourner un stigmate face à des discriminations ressenties. Enfin, en tant que vêtement féminin, il conteste le fait que, dans les sociétés démocratiques modernes, les rôles masculin et féminin doivent être interchangeables, et, d’autre part, il refuse une hypersexualisation de la femme, liée à la communication de masse et à la marchandisation des sociétés modernes. Ces dernières raisons étant encore plus importantes quand le port du voile est subi.

Mais, même choisi, le voile intégral se fourvoie. Le refus du risque d’uniformisation sociale conduit à porter un uniforme intégral – ce qui est très différent du fait de manifester son identité par tel ou tel signe – et, par ce fait même, on englobe sa personne dans une seule identité, on gomme ses autres caractéristiques personnelles, on efface son individualité.

Rappelons que le visage, dont plusieurs des personnes que vous avez auditionnées ont souligné l’importance, est une présentation de soi à autrui, une façon de conjuguer appartenance et identité, relation aux autres et individualité.

Mais le port du voile n’est pas la seule dérive menaçant le rapport aux autres. L’addiction au virtuel peut être considérée de façon assez analogue, comme d’ailleurs l’hypertrophie des racines qui permet une séparation symbolique avec d’autres peuples.

Par ailleurs, le souci de la pureté se manifeste aujourd’hui de façon multiple, par diverses croyances, religieuses ou non. Une certaine façon de mettre en avant la laïcité participe même de cette attitude. Et le refus de reconnaître aux femmes le même rôle dans la société qu’aux hommes donne lieu, vous le savez, à de nombreuses stratégies, souvent implicites et subtiles – et d’autant plus efficaces.

La recherche souvent exacerbée de l’identité, le désir parfois quasi obsessionnel de purification sont des réponses aux difficultés rencontrées dans la société qui aboutissent à des impasses, voire à des caricatures de ce que l’on prétend combattre. En ce sens, ce sont de fausses réponses. Le voile intégral en est un cas particulièrement visible, mais très minoritaire.

Face à cette pratique, on invoque régulièrement la laïcité. Or les exigences de laïcité sont très différentes selon les secteurs de la société. Permettez-moi ici quelques rappels qui, directement ou indirectement, concernent votre sujet.

La première et la plus forte exigence de laïcité concerne la République elle-même, qui doit être indépendante des religions et des convictions philosophiques ou politiques, n’en officialiser aucune, assurer la liberté de conscience et l’égalité dans l’exercice du culte. L’application de ces principes est toutefois sujette en France à certaines dérogations. Ainsi, en Alsace-Moselle, malgré l’article 2 de la loi de 1905, trois cultes sont « reconnus », tandis qu’un seul – le catholicisme – l’est en Guyane. Les lois de séparation elles-mêmes, votées de 1905 à 1908, prévoient une mise en pratique accommodante puisqu’elles autorisent la mise à disposition gratuite et l’entretien des édifices cultuels existant alors mais l’islam n’était pas présent dans l’Hexagone… Et, sans intention discriminatrice, la République peine, malgré certains progrès, à réaliser l’égalité entre religions, au détriment de l’islam.

La deuxième exigence de laïcité concerne les institutions, où les actes de prosélytisme ne sont pas permis. Dans son avis de 1989, le Conseil d’État a interdit un port ostentatoire de signes religieux à l’école publique qui serait lié à un tel prosélytisme, mais toléré un port qui ne s’accompagnerait pas de comportement perturbateur. La loi du 15 mars 2004 est allée plus loin pour le primaire et le secondaire mais, significativement, pas pour l’Université, que fréquentent des personnes majeures. Elle a donc introduit une dérogation dont les effets se sont révélés ambivalents, puisque cela a induit la création d’écoles privées à « caractère propre » musulman. On peut être attaché à la liberté républicaine de l’enseignement et s’interroger sur l’effet paradoxal d’une loi de laïcité qui aura favorisé l’enseignement privé confessionnel. Cela montre en tout cas que les conséquences d’une loi ne sont jamais univoques, et ne peuvent pas toujours être prévues en totalité.

Un troisième secteur de la société est l’espace public de la société civile, qui est à la fois un prolongement de la sphère privée et un lieu de débat, de pluralisme, de grande diversité d’expression. Là, l’exigence principale est d’assurer la liberté et le pluralisme, dont nous avons une conception plus large qu’il y a cinquante ans. Est-ce à dire pour autant qu’il n’y aurait plus aucune exigence de laïcité dans cet espace public ? Je ne le pense pas. Le préambule de la Constitution énonce les principes qui forment l’idéal de notre République, dont l’égalité des sexes. Mais chacun sait bien qu’il existe une distance entre réalité idéale et réalité empirique. L’objectif étant de réduire, sans cesse, cette distance, il convient de distinguer entre le réversible et l’irréversible. L’irréversible atteint l’individu dans sa chair, dans son être même. Il induit une sorte de destin. La puissance publique doit empêcher autant que faire se peut l’irréversible de se produire, pour que les individus qui le subiraient ne se trouvent pas marqués d’infamie, pour qu’ils puissent faire librement des choix personnels. L’excision est l’exemple type de l’irréversible ; dans ce cas, la loi peut contraindre et réprimer.

Pour le réversible, le respect de la liberté individuelle doit primer, limité seulement par l’existence d’un trouble à l’ordre public démocratique ou d’une atteinte aux droits fondamentaux d’autrui. Le réversible concerne l’extérieur de la personne. Ainsi, pour couverte ou découverte qu’elle soit, il ne s’agit pas la personne même, mais de l’image qu’elle donne à voir à un moment précis – par exemple par le vêtement, qu’on peut ôter, dont on peut changer. Comme le dit la sagesse des nations, « l’habit ne fait pas le moine ». Cela nous invite à ne pas nous montrer mimétiques : ce n’est pas parce qu’une personne, carmélite ou musulmane, s’enferme dans un uniforme intégral qu’il faut porter sur elle un regard identique, qui dissoudrait son individualité dans sa tenue. Il faut au contraire séparer son être et son paraître, refuser son refus de se socialiser. Il faut agir avec la conviction que, comme toute personne humaine, elle possède de multiples facettes et peut activer celles que, pour une raison ou une autre, elle met actuellement sous le boisseau.

Et, comme au billard, cet objectif ne s’atteint pas en ligne droite. Entre le permis et l’interdit existe le toléré, où l’on combat par la conviction et l’exemplarité, où l’on procède au cas par cas pour ne pas être, à terme, contre-productif. Pour ce qui est réversible, réglementer quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent est beaucoup plus approprié que légiférer.

Améliorer le dispositif social pour lutter contre les tenues subies est également important, mais une loi qui conduirait celles qui subissent le port du voile intégral à ne plus pouvoir se déplacer dans l’espace public induirait une situation pire que la situation actuelle. Et, pour le voile intégral choisi, le contraindre irait le plus souvent à l’encontre du convaincre. Or c’est essentiellement de convaincre qu’il s’agit.

Pour ceux qui veulent convaincre et qui sont en position de le faire – je pense principalement à l’immense majorité des Français musulmans opposée au voile intégral –, le pouvoir coercitif de la loi risquerait fort d’être un allié désastreux. N’étant pas forcément comprise, s’ajoutant à une situation difficile, cette coercition conforterait un ressenti victimaire dont nous savons qu’il a, par ailleurs, ses raisons. Ce ressenti, et c’est là une raison fondamentale d’être à la fois contre le voile intégral et contre une loi, dépasserait largement le petit nombre de celles et ceux qui sont favorables au port de cette tenue.

Il faut se montrer très attentif au fait qu’une éventuelle loi serait la seconde qui, au niveau du symbolique, semblerait viser l’islam, même si ce n’est pas du tout ce que vous souhaitez faire. Se créerait alors un engrenage qu’il serait ensuite très difficile d’enrayer. L’idée fausse selon laquelle une société laïque est antimusulmane se renforcerait chez beaucoup de musulmans et, en particulier, de musulmanes aujourd’hui opposées au port du voile intégral. Inversement, des éléments antimusulmans de la société française y liraient un encouragement et ne se priveraient pas de donner une interprétation extensive de cette nouvelle loi, comme certains l’ont fait de la loi de 2004. La spirale infernale de la stigmatisation, de la discrimination au prénom et au faciès et de la radicalisation manifesterait que rien n’est résolu – au contraire. Une troisième loi apparaîtrait alors indispensable à certains, mais ne ferait qu’aggraver les choses. Une quatrième loi serait alors réclamée…

Un tel scénario catastrophe n’a rien d’invraisemblable. Il s’est déjà réalisé juste après l’affaire Dreyfus, avec la lutte anticongréganiste. Radicalisant les positions en présence, chaque mesure en appelait une autre plus forte. Ce combat se prévalait des valeurs de la République, de la défense de la liberté, de l’émancipation citoyenne. Cent ans après, le jugement des historiens, quelles que soient leurs orientations, est totalement différent : ce désir de « laïcité intégrale », comme on disait à l’époque, risquait d’entraîner la République à sa perte et ne pouvait avoir des résultats émancipateurs. En revanche, les mêmes historiens louent Aristide Briand d’avoir changé de cap et rétabli une « laïcité de sang-froid ». La laïcité « roseau » est plus solide qu’il n’y paraît, plus apte à résister aux tempêtes qu’une pseudo-laïcité « chêne », qui séduira par son aspect massif alors que celui-ci constitue précisément sa faiblesse.

Déjà, d’après le travail de terrain que j’ai pu effectuer, la nomination d’une mission consacrée au seul problème du voile intégral a rendu plus difficile le désaveu de cette pratique par certains musulmans. Elle a engendré un effet systémique où se manifeste parfois une solidarité entre victimes. Elle a, enfin, alimenté des craintes de rejet.

Certes, votre mission aura sans doute à cœur de proposer des mesures plus générales, mais le précédent de la commission Stasi et la déception de plusieurs de ses membres face à la suite unilatérale qui lui a été donnée peuvent faire redouter une fâcheuse répétition. Certains ne manqueront de dire qu’il aurait été plus utile de chercher à appliquer les propositions de la commission Stasi que de les oublier pour se focaliser sur la seule question du voile intégral.

Pour renforcer la relation de confiance entre la République et ses citoyens musulmans, pour isoler l’extrémisme afin de mieux le combattre, il me semble que vous devriez prendre l’initiative de transformer votre mission en mission de réflexion sur toutes les questions liées à la diversité de la société française. Si cette diversité n’est pas un fait totalement nouveau, son ampleur est le signe d’une mutation de notre société, comme d’ailleurs d’autres sociétés démocratiques modernes, dans un contexte international troublé. Il n’est pas surprenant que cela s’accompagne de tensions, de tâtonnements, d’incertitudes et même de craintes. Aux représentants de la Nation de tracer des voies d’avenir !

Source : Assemblée Nationale

Photos de presse primées

Sinan GÜL - 14 Avril 2007

Yılmaz KAZANDIOĞLU - 22 Décembre 2008

Vedat DOĞAN - 2007
Un bébé de 2 jours trouvé dans la rue.
Sur sa poitrine est collée une étiquette avec la mention "trouvé"


Ömer TEKDAL - 2004

Rıza ÖZEL - 2003
Un enfant irakien face à des soldats américains


Source : Radikal

L'identité nationale française



Passa Tempo

la Maison d’Europe et d’Orient présente

Samedi 7 et vendredi 13 novembre - 20h30
Entrée libre

Passa Tempo
Théâtre municipal turc de Nicosie

Texte et mise en scène Aliye Ummanel
Avec Deniz Çakır et Osman Ateş

Passa Tempo nous parle des séquelles laissées par la guerre sur une famille : l’histoire d’une mère et d’un fils, blessé avant même sa naissance, d'un père mort à la guerre... Un instantané de la vie gens coincés entre passé et présent. Aliye Ummanel interroge le conflit entre deux générations : la première qui a vécu la guerre, et la seconde qui, à défaut de l’avoir vécue, en subit toujours les effets. La guerre est finie depuis bien longtemps déjà, mais son impact est toujours présent. Le passé est comme un mur face au futur. Le présent ne peut échapper à l’ombre du passé et à l’ambigüité du futur. Une guerre se termine-t-elle vraiment lorsqu'est signé l'armistice ?

Spectacle en turc sous-titré en français

Ce sera la première représentation d’un théâtre chypriote turc hors de Chypre et de la Turquie.

Avec le soutien du Ministère du Tourisme, de l’Environnement et de la Culture de la République turque de Chypre du Nord, la Présidence de la République turque de Chypre du Nord, et AS-TV.

***************

Une rencontre avec Aliye Ummanel aura lieu lundi 9 novembre à 19h

Réservations : 01 40 24 00 55

Contact presse : Natalia Karczmarczuk
01 40 24 00 55
communication@sildav.org

Maison d'Europe et d'Orient
3 passage Hennel
75012 Paris - France
M° Gare de Lyon / sortie bd. Diderot / accès par le 105 av. Daumesnil
ou M° Reuilly-Diderot / sortie rue de Chaligny / accès par le 140 rue de Charenton

vendredi 6 novembre 2009

MTV awards : maNga, meilleur artiste européen


Après Emre Aydın l'année dernière, c'est au tour du groupe maNga d'être désigné meilleur artiste européen de l'année.

Mais que pasa ? Comment se fait-il que les Turcs aient autant de succès en Europe ? En tout cas, ça fait plaisir.

"Depuis le début, la musique de maNga mélange la musique traditionnelle turque avec du rock, du rap et de l'électro. Leur premier album éponyme est devenu disque d'or et leur second, intitulé Şehr-i Hüzün, sorti en avril de cette année, utilise des instruments tels que la flûte en roseau, le piano, le tambour et un instrument traditionnel appelé “bağlama”, pour créer un magnifique mélange entre les sons occidentaux et orientaux, mettant en évidence les mélodies mineures qui dépeignent l'amour, la solitude existentielle, la mort et la mélancolie." Source : Ema.mtv.fr

Beni Benimle Bırak



mercredi 4 novembre 2009

La chaîne publique TRT ressemble à son PDG

J’ai publié il y a quelques jours un billet sur un incident qui s’est produit à l’occasion des célébrations du 86ème anniversaire de la république. Que n’avais-je pas osé là ?

Puisque c’est comme ça j’enfonce le clou et j’en rajoute une couche. La chaine publique est devenue tellement bigote qu’elle censure des scènes de films qui ne choquaient pas les Turcs dans les années 1970.

  • Un petit décolleté ? On coupe !
  • Le clip de Hadise pour l’Eurovision ? Vous n’y pensez pas, le mini short de la chanteuse fait bander les hommes et c’est péché. On coupe ! Elle refuse ? Bah alors on l'interdit d'antenne.
  • Une scène avec des boissons alcoolisées ? C’est haram voyons. On coupe !
On coupe ! On coupe ! On coupe !

Pas étonnant qu’avec une telle mentalité le PDG de cette chaîne regarde ses pieds lorsqu’il salue une femme. Tête à claques ! Qu'on lui coupe la bip bip bip !

La moralité à la sauce AKP commence sérieusement à m' bip bip bip.





Source : Vatan

mardi 3 novembre 2009

Ömer Faruk Tekbilek


OGM : sommes-nous suffisamment informés ?


Je colle une intervention de Müge sur les OGM. La question qu'elle pose est très importante. Est-ce que nous les consommateurs sommes suffisamment informés sur la présence d'OGM dans les produits que nous consommons ?

"Le 26 Octobre 2009, le Ministère Turc de l’Agriculture a édicté une réglementation autorisant l’importation en Turquie des appâts et des aliments à base d’OGM (Organismes Génétiquement Modifiées). La réglementation autorise aussi la transformation des aliments crus à base d’OGM (farine à base d’OGM par exemple) en produits cuits (biscuits par exemple) en Turquie et la vente de ces produits en Turquie et à l’étranger.

La réglementation vise le dévéloppement du marché des aliments à base d’OGM en Turquie et c’est pourquoi elle interdit aux producteurs d’aliments écologiques de mettre sur les étiquettes de leurs produits la mension “Ce produit ne contient pas d’OGM”.

Les ingénieurs Turcs d’agriculture sont opposés à l’importation des appâts et des aliments à base d’OGM et il y a des campagnes anti-OGM soulignant que ces produits nuisent à la santé humaine.

J’aimerais apprendre quelle est la situation en France en ce qui concerne les OGM. Mangez-vous des produits à base d’OGM? Comment distinguez-vous les produits à base d’OGM des produits écologiques? "

Je ne veux pas me faire vacciner contre la grippe porcine

Je suis comme le PM R.T Erdoğan je n’ai pas l’intention de me faire vacciner contre le virus H1N1.

Pourquoi ? Parce que je ne sais pas ce qu’il y a dans ce vaccin. Il parait que les adjuvants, le mercure, l’aluminium…. sont très dangereux. Est-ce qu’il y en a dans ce vaccin ? Et à quelle dose ? C’est trop compliqué pour moi. Je préfère attraper la grippe plutôt que de prendre le risque de me faire vacciner. En plus je ne connais pas mes éventuelles allergies.

Et vous, allez-vous vous faire vacciner ?


Légende caricature :

Doit-on se faire vacciner contre la grippe porcine ?

"Ne vous inquiétez pas. Je me suis fait vacciner la semaine dernière et il n'y a aucun effet secondaire !".

Izel Rozental



samedi 31 octobre 2009

Immigration turque : le rôle de la religion

Un extrait de l'article "Appartenances et altérités chez les originaires de Turquie en France - Le rôle de la religion" par Samim Akgönül. Source : Hommes et migrations n° 1280 - Juillet-Août 2009.

Introduction

Loin de leur pays d’origine, les populations turques en France se retrouvent au sein d’organisations religieuses, motivées moins par la recherche d’un lieu de culte que par la volonté de circonscrire un espace communautaire. L’enjeu est double. En tant que minorité, les Turcs de France resserrent leurs rangs face à une culture et un groupe dominants. En tant qu’héritiers d’un peuple jamais colonisé, ils se définissent aussi en s’opposant aux Arabes, ces autres musulmans assujettis par l’Occident. Entre revendication et résistance, une analyse de la construction de l’identité turque.

(…)

Les Turcs sont-ils religieux ?

La réponse à cette question passe bien entendu par le sens que l’observateur donne au concept « religion » et, au-delà, à l’adjectif « religieux ». Ici, ce dont on parle est bien entendu plus la religiosité. Selon la définition de Glock, la religiosité possède cinq dimensions différentes : la croyance, la pratique, la connaissance, l’expérience, l’apparence. Ces dimensions sont relativement indépendantes les unes des autres. Or les critiques récentes de cette analyse avancent, avec raison, que ces cinq dimensions n’épuisent pas le champ de la religiosité. Cela dit, Fukuyama partage en quelque sorte l’analyse scindée de Glock en démontrant clairement que l’appartenance religieuse n’est pas un élément constitutif de la religiosité. On peut appartenir sans forcément pratiquer ni même croire.

Pourtant, l’ensemble des enquêtes menées sur les Turcs de France montre un taux de croyance supérieur aux autres composantes de la société. Ce taux de croyance est bien évidemment difficile à évaluer, dans la mesure où ce que l’on entend par « croyance » contient l’ensemble des attitudes qu’ont les individus en relation avec un être supérieur ou avec une puissance perçue comme transcendante ou mystérieuse. Donc, « la croyance religieuse est avant tout une relation qui indique la reconnaissance d’une soumission, d’une limitation et d’une impuissance de l’être humain ». Selon Deconchy, « du moment que la croyance renvoie à l’expérience religieuse, on comprend que les individus tendent habituellement à en fonder l’authenticité de deux façons : en la rationalisant et en la faisant devenir une partie vitale de l’agir quotidien : en donnant vie ou en adhérant à des institutions plus ou moins stables qui en garantissent dans le temps et dans l’espace la continuité et une présence significative ».

Ainsi s’agissant des Turcs en minorité, non seulement cette religiosité est une partie vitale de la vie quotidienne, mais elle devient quasiment banale, dans la mesure où lorsque l’individu se considère en situation minoritaire, présence significative et continuité deviennent des enjeux vitaux. Pour les originaires de Turquie, rattachés à leur identité d’une manière quasi religieuse, si l’on ose dire, cette même identité turque est en danger face à une identité aussi forte, française. Par conséquent, l’adhésion à une structure, de préférence religieuse, a ainsi trois fonctions : se rassurer soi-même en constatant quotidiennement qu’on n’est pas seul et que le groupe continue son existence ; agir collectivement envers les autres individus qui menaceraient cette continuité ; donner un message de force et de légitimité à l’égard de la majorité censée menacer l’existence du groupe et la légitimité de la religion minoritaire. D’autant plus que la structure religieuse en question n’est jamais une structure exclusivement religieuse.

Une analyse approfondie du fonctionnement des associations religieuses turques en France montre que les activités purement religieuses de ces associations restent secondaires. Il s’agit avant tout de lieux de sociabilité ou s’établissent et s’entretiennent des réseaux de solidarité, mais aussi des lieux de transmission identitaire (pas seulement religieuse) à l’égard des nouvelles générations. Ces organisations peuvent être définies comme des ensembles de personnes ayant une hiérarchie interne fonctionnelle et plus ou moins ordonnée, afin d’atteindre des objectifs communs intégrant une autorité (symbolique ou réelle), des règles (plus ou moins codifiées), des normes internes (plus ou moins strictes), des mécanisme de légitimation (légitimation à l’égard de la Turquie, à l’égard des autorités françaises et à l’égard de la minorité) et une sorte de consensus, autrement dit la non-remise en cause de cette légitimité par les membres fréquentant l’organisation.

Le rôle des associations : préserver l’identité

Dans les groupes qui se sentent en majorité, les organisations jouent un rôle plus idéologique et l’adhésion se fait sur une base plus volontaire (mais pas totalement), comme l’explique l’analyse sociologique des phénomènes sectaires. Dans de tels groupes, malgré la force des organisations en question, les individus s’efforcent de préserver une autonomie, du moins l’impression d’avoir cette autonomie. Or, dans le cas des minorités, la question de l’autonomie individuelle, et donc de la sortie du groupe, est autrement plus difficile. Comme la sortie de la religion est considérée comme équivalente à la sortie du groupe, les minorités sont d’une manière générale « plus religieuses » que les mêmes groupes en majorité.

(…)

Conclusion

La religion n’est pas qu’identité, mais elle tend à le devenir lorsqu’un groupe, à tort ou à raison, craint la disparition ou l’altération de ses différences. Par exemple, en ce qui concerne les immigrés, Albert Bastenier considère la religion comme une « patrie portative ». Selon Bastenier, la religion est « à ce point mêlée aux racines de la culture que l’obédience religieuse se révèle même capable de perdurer loin au-delà de toute démarche explicite d’affiliation confessionnelle des individus ». De son côté, Charles Taylor considère que la construction identitaire ne peut se passer d’appartenances « culturelle », « sociologique », religieuse. Par conséquent, l’appartenance religieuse permet aux originaires de Turquie de préserver l’appartenance nationale, voire géographique. Car la résistance religieuse, la transmission non pas de croyances mais de comportements à la turque, est un outil pour rappeler aux générations nées en France d’où vient la famille. Pas seulement de Turquie, mais de telle région de Turquie, de tel village, de telle famille, de tel clan, de telle confrérie, de tel groupe socioprofessionnel. Même si celui qui exprime cette origine n’y a jamais mis les pieds, même si ses propres parents sont nés en France, il n’est pas de Strasbourg, de Mulhouse, de Lille, de Paris mais de Yozgat, de Kayseri, de Trabzon, rarement d’Istanbul. C’est bien le lieu d’origine des parents, voire celui des grands-parents, qui est exprimé fièrement, car il s’agit là d’un gage d’authenticité à l’égard de la minorité, mais aussi d’une revendication d’altérité face à la majorité. C’est Stéphane de Tapia qui exprime le mieux cette importance de la provenance géographique, non pas en tant que lieu physique, mais comme lieu de symbole. Ainsi, ce qu’Altan Gokalp observait il y a vingt ans reste encore vrai de nos jours, justement grâce à cette stratégie de « première génération perpétuelle » dans la quelle la religion tient une place particulière. Les originaires de Turquie ne craignent pas tant la sécularisation de la religiosité pour elle-même que les risques qu’elle comporte : une sortie du groupe, et donc une perte relative de l’identité turque.

vendredi 30 octobre 2009

Demandons la démission du PDG de la chaîne publique TRT

Bonne fête de la république mon Président.

Ralala une femelle !
Elles sont partout nom de Dieu !
Vite, faut que je baisse les yeux.


Mon Dieu, elle n'a rien compris la bécasse.
Pourtant je regarde ses pieds non ?
Je ne veux pas te toucher pécheresse !
Capito ?

jeudi 29 octobre 2009

La république turque fête ses 86 ans

Et rien n'est trop beau pour elle.
Une petite vidéo pour avoir un aperçu de l'ambiance au Bosphore ce soir.









Immigration turque : situations familiales et relations intergénérationnelles

Un extrait de l’entretien réalisé par Marie Poinsot avec Pınar Seymen-Hüküm, Zeliha Alkis, Zeynep Açıkel et Nur Gürsel, membres de l’association Elele. Migrations, situations familiales et relations intergénérationnelles. Source : Hommes et Migrations n° 1280 juillet-août 2009.

Quelles sont les difficultés que rencontrent les populations que vous recevez ?

Le public installé en France est confronté à des difficultés qui ne sont pas liées uniquement au problème de la langue, mais aussi aux situations sociales, au logement, à la réalité du monde actuel, au vieillissement, à l’isolement, à la précarisation de plus en plus évidente de ces personnes.

L’Île-de-France présente une grande concentration de population d’origine turque, y compris dans des localités et des quartiers qui ne sont pas conçus pour accueillir des familles et dont les logements ne sont pas en adéquation avec la taille de la famille. A leur arrivée, les primo-arrivants trouvent une France des banlieues, où les bus arrivent au bout de 20 minutes, des petits appartements, des quartiers dégradés et une vie sociale réduite à la sphère communautaire. C’est un choc, qui prime sur le bonheur de rejoindre le conjoint. La France imaginée est mise à mal par la France réelle. Enfin, au choc de l’environnement ou de l’accueil français se superpose la surprise face au type de communauté dans laquelle ils arrivent.

Ces personnes arrivent-elle dans le cadre du regroupement familial ou pour rejoindre un conjoint d’origine française ?

La majorité des arrivées concernent les mariages ayant eu lieu avec un conjoint venant de Turquie. Ces conjoints turcs ne viennent donc pas du même milieu éducatif que les beaux-parents, ni de la même société. Leurs normes et leurs repères ne sont pas les mêmes. Ces conjoints venus de Turquie pour rejoindre un partenaire français pensent arriver dans une famille installée en France depuis longtemps, donc évoluée, émancipée, ouverte sur la société d’accueil, tolérante. Or, le premier choc est justement l’enclavement qu’ils constatent à leur arrivée.

Est-ce cela relève toujours de la pratique des mariages arrangés ?

Ce n’est pas un phénomène radicalement nouveau, mais la nouveauté réside dans la fréquence des mariages aujourd’hui. L’immigration turque commence à avoir toute une génération d’enfants nés en France ou arrivés ici en bas âge et qui parviennent à l’âge du mariage. Ce type de mariage, avec un conjoint turc, n’était pas si fréquemment pratiqué auparavant, faute de jeunes d’origine turque nés en France en âge de se marier.

Un autre facteur a modifié la donne : pour une fille éduquée en France, ayant eu son bac, on ne peut plus, comme on le faisait avant, aller lui chercher en Turquie un mari qui n’a pas fait d’études, un simple paysan. Ainsi, si l’on fait référence au niveau d’éducation des jeunes Français d’origine turque, on peut constater que leurs conjoints primo-arrivants ont un niveau d’éducation beaucoup plus élevé que celui de leurs parents arrivés de Turquie il y a longtemps. C’est donc cette différence de valeur qui joue, de même que l’image de la belle famille dans laquelle le primo-arrivant s’est projeté avant même de venir en France.

On constate que les jeunes hommes venant de Turquie ont aujourd’hui un niveau scolaire nettement supérieur à celui des conjoints vivant en France. Si, pour les garçons, il ne faut pas que la femme soit plus éduquée que le mari, pour les jeunes filles nées en France, les familles auront aujourd’hui tendance à rechercher un mari ayant un niveau social, économique et/ou d’éducation élevé.

L’unique souci des familles en France est celui de préserver l’identité et les valeurs d’origine par le mariage avec quelqu’un du pays. Les parents expliquent souvent d’ailleurs qu’ils souhaitent ajouter du « sang frais ». Ils estiment que leurs enfants nés en France perdent une bonne partie de leur culture turque et que l’arrivée d’un conjoint de Turquie leur permettra d’avoir des petits-enfants qui, eux, seront « Turcs ».

S’il y a une prise en compte de la « francisation » des enfants, l’action des familles vise-t-elle à contrebalancer cette évolution ?

Effectivement. Mais cette évolution répond aussi à un autre enjeu familial. Souvent, les frères et sœurs se promettent mutuellement de marier ensemble leurs enfants, afin que les enfants des proches restés au pays puissent venir en France. C’est donc aussi parfois une stratégie familiale visant à faire immigrer quelqu’un de la famille.

Rencontre-t-on la situation inverse, c’est-à-dire des personnes envoyées en Turquie pour y être mariées, et qui vont rester ?

Ces cas sont très rares, souvent pratiqués en guise de « punition » pour les filles. En même temps, la famille peut souhaiter marier son enfant à quelqu’un ayant une très belle position économique et sociale. Dans ce cas, il s’agit plutôt d’un choix du couple par rapport à l’avenir.

Quels sont les autres problèmes de transmission au sein des familles turques ?

La première génération d’immigrés turcs ne parle pas le français, alors que la deuxième génération le parle bien, mais s’exprime dans un turc médiocre, essentiellement parlé et appris auprès des parents, issus des villages et peu éduqués. Les parents ne peuvent donc pas transmettre la grammaire ou la structure de la langue à leurs enfants, qui apprennent donc un turc très basique et avec un fort accent dialectal.

Lorsque la deuxième génération fait venir son conjoint de Turquie, les nouveaux couples ne laissent pas leurs enfants dans les crèches, mais les font garder par les grand-mères. Comme souvent elles ne parlent pas le français, les enfants grandissent en entendant un turc médiocre et arrivent en primaire en ne parlant pas un mot de français. Ce qui est incompréhensible pour les maitres, qui rencontrent pourtant des parents complètement francophones, ou au moins l’un des deux.

L’identité se transmet avec l’histoire de la famille ; celle de l’immigration aussi. Le fait central est d’avoir posé ses bagages quelque part, ou bien de ne pas les poser. Le discours qui caractérisait l’immigration turque au départ était le suivant : « Je reste un peu et je partirai ». Il n’y avait donc pas d’investissement dans le pays d’accueil, et cela a fini par faire naître quelque chose d’instable auprès de la deuxième génération. Celle-ci a peut-être toujours entendu la même chose dans la famille : « On ne va pas rester. Ici, ce n’est pas chez nous ». Qu’est-ce que les familles ont transmis pour que les générations suivantes puissent finalement se positionner dans la société française ? C’est une sacrée question !

N’y a-t-il pas de plus en plus de migrants turcs qui développent au contraire une stratégie qui leur permette d’être à la fois ici et là-bas ?

Certains jeunes ont effectivement une identité double. Ils sont à l’aise dans les deux sociétés, comme c’est le cas des enfants binationaux, à qui on ne demande jamais « Tu es qui ? Tu es Turc ou Français ? ». Ces enfants vivent très bien dans les deux pays, circulent de l’un à l’autre. Ce sont des transnationaux. Ils ont adopté le principe suivant : « Je suis ici, mais je pourrais aussi bien être dans mon pays d’origine ou dans un autre pays ailleurs en Europe ».

Il n’y a pas d’études sur le sujet, qui permettent d’avoir des chiffres précis, mais d’après ce que nous avons pu constater, il y a de plus en plus de jeunes qui ont des métiers un peu « passe-partout », qui font des projets dans une perspective liée au pays d’origine ou à d’autres pays en Europe. Dans ce sens-là, il y a aussi un certain dynamisme.

Cela n’empêche pas ces jeunes de se considérer comme installés en France, mais ils sont capables d’être mobiles. Même s’ils achètent une maison, il se peut qu’ils partent dans un autre département où le secteur du travail est plus ouvert. Il est vrai que la spécificité des Turcs a toujours été de ne pas jeter l’ancre définitivement quelque part. L’achat d’une maison veut certes dire que l’on s’installe, mais c’est aussi un moyen de s’éloigner des autres. De même, la création d’une entreprise répond à cette même logique : les Turcs préfèrent créer leurs entreprises pour pouvoir embaucher des Turcs, car ils les connaissent mieux et peuvent mieux les gérer. Il y a une situation de confiance, mais aussi des enjeux de pouvoir. Ce sont donc à la fois des indicateurs de l’intégration, mais aussi des freins par une attitude qui consiste à se démarquer.

mercredi 28 octobre 2009

L'orchestre EGE Hİ’JAZZ

Le 30 octobre à 20h
Auditorium / sur réservation
Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil 75012 Paris
mail : spectacle@histoire-immigration.fr

"Ege Hi’Jazz Orkestra, créé par Hitit en 2000, puise son inspiration dans sa terre natale, sur les bords de la mer Egée. Le groupe, constitué de grands musiciens tsiganes, joue avec une grande virtuosité : une invitation à la danse à ne pas manquer."

Plus d'infos sur café turc

Ege Hi'Jazz Orkestra, ("Sinanay") management Kenan Öztürk


Fier d'être Français

Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale veut organiser un débat sur l’identité nationale. Monsieur le Ministre veut faire chanter la Marseillaise aux Français et surtout qu’ils soient fiers d’être Français. Voilà en résumé le programme.

Ce grand débat qui sera organisé par les Préfets (pourquoi eux et pas l’éducation nationale ?) débutera lundi prochain et prendra fin début février environ. C’est-à-dire juste avant de début de la campagne des régionales. A noter que la mission d’information parlementaire sur la burqa rendra ses conclusions également à cette date. Simple coïncidence ? Les naïfs sont libres de le penser.

En vérité, ce type de débat m’intéresse beaucoup car cela pourrait être l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas une identité nationale unique mais différentes identités. Toutefois, que peut-on espérer de ce débat initié par un ministère dont l’intitulé révèle que pour Nicolas Sarkozy ce qui pose problème à l’identité nationale est la présence des immigrés en France. Si telle n’était pas la pensée profonde de Nicolas Sarkozy, aurait-il regroupé dans le même ministère l’immigration et l’identité nationale ? Je ne crois pas.

Pour conquérir les voix de l’extrême droite, la recette est toujours la même en France : une grosse louche d’immigration, une pincée de sécurité et une bonne dose de ruralité. Ca marche à tous les coups. Les Français ont la mémoire courte. Malheureusement !

samedi 24 octobre 2009

Le simit concurrence le bagel à Manathan



Le bagel est aux EU ce que le simit est en Turquie, c’est-à-dire les incontournables des petits déjeuners savoureux mais pas seulement puisque le simit peut se consommer à n’importe quelle heure de la journée.

Depuis l’ouverture à Manathan d’une succursale de la célèbre enseigne turque Güllüoğlu les Américains ont fait la connaissance de notre simit national qu’ils semblent apprécier tout particulièrement. A tel point que les vendeurs de bagel s’inquiètent sérieusement de la concurrence. J’espère qu’ils n’iront pas jusqu’à demander l’interdiction des simit. Sait-on jamais, les Italiens ont bien demandé l’interdiction des kebap en Italie au motif qu’ils concurrençaient les vendeurs de pizzas.

Miam miam ! Ca m’a donné faim tout ça.

Source : New York Magazine

Diam's musulmane et voilée

La chanteuse Diam’s se serait convertie à l’Islam. Et bien évidemment ça fait jaser.

A commencer par Fadela Amara, Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville et fondatrice de «Ni Putes ni Soumises» qui a déclaré qu’elle espérait que Diams enlèverait son voile.

Bon c’est vrai que chacun a le droit d’exprimer ses désirs et ses souhaits. Mais qui écoute encore Fadela Amara ? Son mouvement qui dispose d’une grande audience auprès des médias ne survit que grâce aux subventions publiques ce qui fait peser des craintes légitimes quant à son indépendance. Avant de donner des conseils aux femmes voilées, Fadela Amara devrait peut être se demander pourquoi son discours est inaudible auprès des jeunes musulmanes.

Dans la chanson Lili consacrée au destin d’une femme voilée, Diam’s écrit «Elle n'est pas laïque cette nation, elle craint juste la contagion». A méditer !


Live au Maroc Octobre 2009



vendredi 23 octobre 2009

Le rêve fou de R.T. Erdoğan