Le «Non à la Turquie» est devenu le leitmotiv de certains dirigeants européens à l’approche des échéances électorales. Nicolas Sarkozy nous avait fait le coup avant les présidentielles, il nous remet ça aujourd’hui avec les européennes. Normal, il n’a pas grand-chose à dire sur l’UE dont les Français se contre-fichent (les sondages prévoient une abstention record) alors il faut bien les secouer un peu et l’épouvantail turc fait si bien l’affaire.
Dernièrement, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont tenu un meeting commun à Berlin. Comme à leur habitude, ils ont ressassé leur refrain favori «La Turquie n’a rien à faire dans l’UE». La chancelière a ouvert les hostilités «Nein à la Turquie dans l’UE», Nicolas Sarkozy en manque d’imagination a acquiescé «Angela Merkel a raison». Ok ! Ils ne veulent pas de la Turquie mais bizarrement, ils sont incapables d’expliquer pourquoi et surtout pourquoi le sujet de la candidature turque revient invariablement sur le tapis avant chaque échéance électorale ? Quelle tristesse de voir ces deux grands Etats terrorisés à l'idée de partager leur pouvoir avec une future puissance économique et régionale forte de 100 millions d'habitants (aux alentours de 2050).
Côté turc, on fait la sourde oreille. Le Président Abdullah Gül a répondu «Cause toujours, tu m’intéresses». Le PM R.T. Erdoğan a déclaré qu’il en avait marre de se faire l’avocat de Sarkozy et de Merkel auprès des Turcs «Soyez honnêtes un peu ! J’en ai assez d’expliquer à mon peuple que vous êtes des politiciens démagogues». Le tout nouveau ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a été plus diplomate «Le seul objectif des négociations avec l'UE est de devenir un membre à part entière». J’espère que le nouveau ministre des affaires étrangères sera assez doué pour amener ses partenaires européens à isoler le couple franco-allemand. Car contrairement à ce qu’on a l’habitude d’entendre et de lire en France, la majorité des Etats européens soutient la candidature turque. Le chef de la diplomatie suédois Carklt Blidt l’a rappelé récemment.
Je ne vais sûrement pas défendre la candidature turque car je crois sincèrement que les Européens offriront l’adhésion, sur un plateau d’argent, sans même s’embarrasser des critères quand la Turquie sera devenue incontournable. J’espère que ce jour là, la Turquie dira «Non à l’UE». La libre circulation des citoyens turcs dans l’espace européen (prévue par le protocole additionnel de 1970) et une union douanière améliorée sont amplement suffisants.
vendredi 15 mai 2009
Non à la Turquie !
Publié par Ayşın à l'adresse 00:10
Libellés : Union Européenne
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16 commentaires:
Moi je suis opposé à l'entrée de la Turquie. Elle doit rester une puissance régionale autonome; le partenariat strictement économique fera l'affaire. Après avoir rempli tous les critères de démocratisation (qui, d'ailleurs, relèvent également du Conseil de l'Europe où la Turquie est membre), je ne vois pas quel serait le bénéfice (non économique) d'y adhérer sinon la servitude de se plier à une vision commune en politique étrangère et de défense qui, à vrai dire, n'existe absolument pas. Mais qu'est-ce qu'elle va faire du coup, la Turquie ? Subir plus qu'autre chose...
Je suis d'accord avec Sami et j'ajouterai que je suis opposé à l'Union européenne sous sa forme actuelle qui devient de plus en plus post-démocratique sinon anti-démocratique: la façon dont des Commissaires non-élu s'ingèrent systématiquement dans les affaires des Etats membres, sur tout et n'importe quoi comme l'affaire du vin rosé notamment (entre autres). Il faut refonder une Europe des Nations respectueuses de ses peuples et de ses cultures, les Nations gardant leurs souverainetés respectives mais travaillant et coopérant ensembles dans divers domaines. La Turquie aurait toute sa place dans une Europe confédérale et non bruxelloise.
Il suffit de mettre côte à côte ceci :
"pourquoi le sujet de la candidature turque revient invariablement sur le tapis avant chaque échéance électorale ?"
et ceci :
"J’en ai assez d’expliquer à mon peuple que vous êtes des politiciens démagogues"
Et tout est dit.
Rocard, au secours !
Le bénéfice non économique pourrait être une ouverture réciproque entre l'Occident et le monde musulman.
Ce serait dommage de dire non et ainsi provoquer les crispations identitaires.
Personnellement je n'ai pas envie d'un Orient qui se renfermerait sur son islam et une Europe qui réaffirmerait sa chrétienté.
Ce serait enfin l'occasion d'appliquer la laïcité d'une belle manière.
Même si ce n'est que symbolique, c'est important les symboles, cf. Obama.
Ne vous inquiétez pas Kovacz, "l'Occident européen" n'a pas l'intention de réaffirmer sa chrétienté... Ou ai-je raté un épisode ?
Et je dois dire que cette peur de la "crispation identitaire" m'exaspère. Les pro-Turquie veulent la Turquie par grandeur d'âme, pour éviter qu'elle sombre dans l'obscurantisme islamique; mais qu'ils ne s'inquiètent pas, on n'a pas besoin de l'Union européenne, le Conseil de l'Europe et toutes les conventions internationales de protection des droits de l'Homme suffisent amplement.
"Les pro-Turquie veulent la Turquie par grandeur d'âme, pour éviter qu'elle sombre dans l'obscurantisme islamique;"
Il n'est pas question de "sauver" la Turquie des griffes des religieux, simplement que le monde musulman garde un oeil là-dessus pour se faire une idée de la considération des occidentaux à leur égard. Que ce soit juste ou pas, ou que l'on y voit un chantage, n'est pas grave. C'est le jeu de la diplomatie.
Et puis je ne comprends pas : la Turquie siège au Conseil de l'Europe mais ne devrait pas faire partie de l'Europe ? Pourquoi faire les choses à moitié ?
Que craignez-vouz que la Turquie subisse, dans votre premier post ? La politique de l'Europe en matière d'affaires étrangères ? C'est pourtant déjà le cas ; pis, elle a le cul entre plusieurs chaises, entre l'Europe, les Etats-Uniens, les Russes, leurs voisins Perses, etc.
J'ai l'impression qu'elle dépense beaucoup d'énergie pour garder cette autonomie (cf. Erdogan qui ouvre sa gueule de temps en temps = gros yeux ébahis autour) qu'elle n'aura jamais vraiment, au vu de sa position géostratégique. C'est un pays pivot. L'Europe pourrait lui offrir une assise.
Et puis dans une Europe culturelle, ce serait une magnifique opportunité d'échanges. Qui sont très fragiles actuellement.
M'enfin je suis jeune et idéaliste hein, je rêve un peu.
Si vous avez de quoi me mettre les pieds sur terre, je prends. :-D
Bonsoir à toutes et à tous.
Pour ma part, je crois que ce serait une bonne chose pour nous autres européens en terme d'échange culturel, à condition que nombre de Turcs (très conservateurs en terme de valeurs), s'ouvrent à l'Europe. Et non pour les seules raisons économiques.
Nous pouvons construire un très grand projet (poursuivre celui de "l'Europe des débuts"). Et Atatürk a engagé la Turquie sur cette voie sans imaginer un jour l'Europe que l'on connaît. Ce serait lui rendre hommage. Car il était certainement européen avant nous.
Le seul pb à mon sens est : s'élargir, oui. Mais jusqu'où?
Je ne crois pas que l'adage qui dit que "plus on est nombreux plus on est fort" s'applique à coup sûr à un ensemble économique.
L'Empire romain s'est effondré sur lui-même justement parce qu'il avaient eu les yeux plus gros que le ventre. Comme quasiment toutes les organisations de ce type d'ailleurs. Car l'Europe (entre les mains des commissaires), est un empire qui ne dit pas son nom.
Or, dire oui à la Turquie, c'est laisser entrevoir une adhésion pour l'Arménie, ainsi que pour tout le pourtour Méditerranéen. Le veut-on? Sommes-nous prêts pour cela? Et surtout : le pouvons-nous?
Il y a aussi bcp de pays conservateurs en Europe : l'Espagne, le Portugal, la Pologne, la Grèce, l'Irlande etc... Les conservateurs s'entendent très bien entre eux vous savez :))) Je peux même vous assurer qu'ils se reconnaissent en un coup d'oeil.
Quant à l'élargissement, c'est la même logique que pour les fusions d'entreprises. Pkoi les entreprises fusionnent-elles ? Par nécessité le plus souvent cad pour atteindre la masse critique dans un secteur qui nécessite des tailles minimales. L'UE est confrontée à la même nécessité. Pour être en mesure de faire face à des géants comme la Chine, l'Inde, la Russie, les EU etc... elle n'a pas d'autres choix que de s'élargir. C'est une nécessité pour elle. En fait, la taille de la Turquie qui est présentée comme un handicap (Mon Dieu 100 millions de musulmans dans nos contrées chrétiennes) est un atout pour l'UE. En vérité, s'il y a adhésion, il y a surtout des avantages pour l'UE. Quels sont les avantages pour la Turquie ? Même les Turcs ne se posent pas vraiment la question. Ce qui est un comble.
Je ne crois pas que les États membres qui font des déclarations de soutien à la candidature de la Turquie (Royaume Uni, Suède, Italie, Pologne, etc. etc.) souhaitent vraiement cette adhésion. À mon avis, ils pensent plutôt que la Turquie n’accomplira jamais les critères d’adhésion. C’est pourquoi, je trouve l’attitude négative franco-allemande plus honnête en effet.
Bonsoir Kovacz,
Je n'ai pas vraiment saisi ce que vous vouliez dire dans votre premier "post" mais s'agissant de la comparaison que vous faites entre le Conseil de l'Europe et l'Union européenne, je vous renvoie, sans aucune pensée de mépris, à des livres de droit international car ce sont deux formes d'organisations internationales différentes. Par conséquent, le fait d'être au Conseil de l'Europe ne signifie rien sur l'éventuelle adhésion à l'UE.
S'agissant de l'Europe culturelle, je ne vois pas pourquoi ces questions ne pourraient pas être justement du ressort du "partenariat privilégié". Moi, j'ai toujours pensé que la Turquie et l'empire ottoman (la "Troisième Rome" dixit l'historien Ilber Ortayli) étaient européens mais ce n'est pas une raison pour s'insérer dans la structure européenne. Le mariage, c'est ringard de nos jours.
Je vois bien que ce qui semble primer pour vous, c'est la symbolique, un pays musulman dans une Europe chrétienne, un Occident qui a de la "considération" pour les musulmans. Merci pour cette sollicitude mais on n'est pas obligé de s'engloutir pour se comprendre et se respecter.
La question des droits de l'Homme est la plus importante à mes yeux et comme je l'ai dis, le Conseil de l'Europe et les conventions internatinales suffisent; et comme l'Union européenne n'a aucune vocation politique depuis l'entrée du Royaume-Uni, mieux vaut rester à l'écart d'une structure qui, au fond, ne fait que produire de la bureaucratie.
La Turquie a comme vous le dites, "le cul entre plusieurs chaises" et c'est justement l'argument principal qui me pousse à ne pas souhaiter son adhésion; car c'est un atout (énergie, monde arabe, caucase, asie centrale, balkans).
Alors là Sami vous m'épatez. Je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est pour les mêmes raisons que je souhaite cette super bureaucratie européenne se réduire et que l'on refonde l'Europe en se basant sur les peuples, c'est-à-dire les nations et pas le contraire. Car je suis contre l'adhésion de la Turquie à l'Europe, mais je le pense sincèrement car ce n'est ni bon pour nous ni bon pour les Turcs. L'Union européenne dans sa structure actuelle a montré ses limites et le fait qu'elle est lointaine des peuples. Elle est de plus en plus perçue comme une structure post-démocratique qui décide sur tout et n'importe quoi, qui essaye de régenter la vie de plus de 500 millions de citoyens européens. On marche sur la tête. Si j'étais turc, assurément que je serai contre cette adhésion. Mais manque de pot je suis français et je souhaite que cette Europe néo-libérale, des bureaucrates laisse la place à une Europe des nations, confédérale, proche des peuples. Celle que souhaitait déjà le général de Gaulle. Celle-là et aucune autre.
Oui Aysin, je suis complètement d'accord. De même Müge voit juste dans son analyse.
Ce qui est un comble, c'est que les alliés d'hier sont les ennemis d'aujourd'hui et vice-versa.
En tout cas, que les Turcs soient Musulmans ou non n'est pas l'essentiel. On s'en fout. Eux aussi pourraient alors avoir peur d'être gouvernés par des "Chrétiens" ! Or, cela ne tient pas debout. Et ce qui est valable pour les uns est valable pour les autres.
Nous sommes au-dessus de cela.
"manque de pot je suis français "
Qu'est-ce qu'elle a la nation française ! Non mais...
Au final: à part quelques étudiants qui profitent d'Erasmus, est-on capables ici de citer un pourcentage d'Européens satisfaits de l'Europe???
Mon point de vue là-dessus rejoint celui de Républicain. Cette Europe-là est une chimère et un simulacre de démocratie.
A ce rythme, il est acceptable que Bruxelles finisse un jour dans les flammes comme Rome la Superbe, jadis.
A force de se gaver (les rémunérations et avantages de nos technocrates sont ahurissants) et de mépriser les opinions et les attentes réelles des citoyens, de tels extrêmes finiront un jour par arriver. Car cette "élite" est étrangement similaire à celle de l'Ancien Régime en France. Et vous savez comme moi que tout va bien en France tant que le Français moyen peut faire son PMU. Or, lorqu'il entre en colère, celles-ci laissent toujoyrs lzur empreinte dans les livres d'Histoire.
Nous sommes restés Gaulois. Fiers et insoumis. Capables des plus grands exploits lorsque nous avons à notre tête, un grand Homme, un chef, un vrai.
Le modernisme ne nous a pas tué. Tout se passe dans la tête. Et lors des pires moments, comme l'instinct, ces fonctions reprennent le dessus.
Tout cela pour vous dire que, bien que je trouve le ptojet européen ambitieux, il se détourne gravement de son objectif principal : assurer la paix entre les Nations. Car on sent bien une grande insatisfaction. Insatisfaction qui, si elle n'est pas résolu, avec en prime la crise qui touche de plus en plus d'Européens, risque un jour de déboucher sur un crise d'identité d'abord (nous y sommes), des violentes échaufourées (on à vu) et à terme : une guerre civile. Que cette Europe-là n'est pas en mesure d'endiguer.
Pour revenir à l'objet du post, j'ai dit plus haut être pour l'entrée de la Turquie d'un point de vue culturel. Cela tordrai le cou aux tenants de la théorie du "club chrétien verouillé à triple tours et dont clé à été avalée par un tenant du Non qui s'est suicidé en se jetant dans un ravin pour être sûr que cela ne se produira JAMAIS !" Ouf...
Simplement, et en me voulant pragmatique,je crois que l'Europe a atteint sa masse critique. Ce n'est donc plus contre la seule Turquieq u'il faut dire "Non" mais contre tout autre candidat.
Enfin, mon sentiment est que la Turquie est le plus légitime de tous les candidats. Il faut arrêter de prendre les Turcs pour des imbéciles. A ce jeu-là, nous nous déshonorons.
En France, l’UE a mauvaise presse parce que les responsables politiques se défaussent sur l’UE quand ça va mal au lieu de prendre leurs responsabilités.
On nous présente l’UE comme un machin hors de contrôle mais regardez qui siège dans les différentes institutions et vous verrez que ce sont des fonctionnaires nommés par ceux qui nous gouvernent. Les commissaires bien que indépendants sont nommés par les gvts, le Pdt de la commission est nommé par les chefs d’Etat et ensuite confirmé par le parlement européen qui lui-même est élu par les peuples européens. Etre parlementaire européen est perçu comme une punition en France. Au lieu d’envoyer là bas les meilleurs éléments, ce sont les plus nuls qui y vont (les plus paresseux). Faut pas venir se plaindre après de l'UE, du parlement européen ou de la commission euroopéenne.
Bref, l’’UE est le bon bouc émissaire dans un pays ou les dirigeants n’assument pas devant les Français les décisions qu’ils prennent au niveau européen.
Par ailleurs, je pense que TOUS les Européens ont largement profité de l'UE. Si l'UE n'était pas une réussite, les Etats membres s'en retireraient. La France est libre de sortir de l'UE. Pkoi ne le fait-elle pas ? Tout simplement parce qu'elle n'est pas grand chose toute seule (c'est valable pour tous les autres pays).
Républicain veut une Europe des nations mais c’est déjà le cas non ? Par ailleurs, s’il veut une simple confédération d’Etats, peut-il nous expliquer pkoi il s’oppose à la candidature turque ? Ca fera un Etat de plus dans la confédération. Qu’est ce que ça change au niveau national ou même confédéral ? Normalement, ceux qui s’opposent à la candidature turque souhaitent une UE renforcée, ils voient l’UE comme un projet de civilisation et bien évidemment la Turquie n’en fait pas partie. Je ne trouve pas la position de Républicain très logique, elle me rappelle celle des souvrainistes français qui disent "non à la Turquie", "non à l'UE".
Concernant la taille de l’UE, je ne suis pas non plus tàf d’accord avec Achille. Pour construire une Europe politique, 27 Etats membres c’est déjà trop ou alors il faut modifier les systèmes de vote et notamment l’unanimité qui est de rigueur pour certaines décisions. Donc 27 c’est déjà trop pour une europe politique (d'ailleurs l'Angleterre n'en veut pas ) mais c’est aussi trop peu pour être une grande puissance en mesure de concurrencer les autres grands ensembles.
Une question. En dehors de l’Europe, est-ce que la voix des Européens est entendue et respectée dans une autre partie de la planète ? Par exemple en Afrique, en Asie, dans le Caucase, dans le monde arabe ?
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